
Comment accueillir les personnes âgées en perte d’autonomie, dans le futur ? D’ici 2050, 750 000 personnes supplémentaires seront dans cette situation. Dans le même temps, les places en Ehpad deviennent insuffisantes ou inadaptées. Des hébergements intermédiaires et adaptés émergent, comme au sein de cette résidence de Draveil, dans l’Essonne.
Un reportage de Farid Benbekaï et de Philippe Aliès – ICI Paris Île-de-France.
Didier habite désormais à Draveil (Essonne) dans cet appartement spécialement aménagé pour lui. Lourdement handicapé, il dispose d’une chambre de 15 mètres carrés et d’une cuisine spacieuse ouverte sur le séjour.
Pour son installation, ses proches sont venus spécialement de Bretagne. Parmi eux, sa sœur Évelyne, désormais plus rassurée à l’idée que son frère soit dans un logement adapté. « Dans l’appartement où il était, les pompiers sont venus huit fois, ils ont cassé quatre fois la fenêtre. Est-ce qu’il est capable de rester dans un appartement où il vit à peu près normalement, avec toute la sécurité qu’il y a autour ? On va voir comment il se débrouille, c’est un peu un test », relate-t-elle.
Sécurité supplémentaire dans cet appartement : trois détecteurs de chute qui sont installés et qui permettront de prévenir son entourage en cas d’incident.
Quelques étages plus bas, au rez-de-chaussée, une nouvelle voisine vient de poser ses valises. Bénédicte porte encore les traces d’un accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’a clouée sur ce siège. Une auxiliaire est présente 5 jours sur 7 pour accompagner les locataires, avec un service de téléassistance et des appartements adaptés aux personnes à mobilité réduite.
L’autre solution était d’aller en Ehpad. Hors de question, pour Bénédicte : « Pour moi, c’est la mort à petit feu. L’Ehpad, c’est pour les personnes très âgées, donc je ne voulais pas y aller. »
Pour accéder à ces logements intermédiaires, il ne faut être ni totalement dépendant, ni suffisamment autonome. Actuellement, 280 000 personnes âgées ou à mobilité réduite en bénéficient. Les besoins doivent être adaptés pour les 500 000 personnes dans cette situation, pour les prévisions de 2050.
« Les gens qui viennent chez nous n’ont pas forcément besoin d’avoir des animations, n’ont pas besoin d’avoir une piscine, n’ont pas forcément envie d’aller au restaurant de la résidence. Ce sont des gens à qui vous n’allez pas dire “On va vous mettre en résidence senior, ou en Ehpad a fortiori” », explique Alain Baranes, directeur général de Mobicap.
Le prix reste encore conséquent : 1 300 euros par mois, charges et services compris, bus et commerces à proximité. « On est en centre-ville, on est au milieu d’un tas d’habitations. Il y a des habitations privatives, des habitations sociales. On n’est pas du tout dans du logement stigmatisant. Au contraire, c’est un logement comme un autre », décrit Anne-Marie Jourdanneau-Fort, maire (Les Républicains) de Draveil.
Il présente tout de même un avantage, puisqu’il permet au moins de cuisiner et de recevoir quand on veut, sans craindre les horaires d’un établissement refermé sur lui-même.
Les dernières actualités
Toutes nos actus et revue presse







