
Le budget de la filière devrait croître de 10 milliards d’euros d’ici 2030.
D’ici 2050, environ le tiers de la population française aura plus de 60 ans, ce qui, selon Bpifrance, « transformera profondément le paysage économique et social ». Cette évolution renforcera encore un peu plus la Silver Économie, l’économie des Seniors, le confirmant comme un « marché à fort potentiel ». Cinq grands domaines sont concernés : les mobilités, l’habitat, la santé et le bien-être, les loisirs, ainsi que les services.
En 2020, une étude avait estimé le marché de la Silver Économie à 130 milliards d’euros. Un peu moins d’un tiers de la consommation en France sera, dans les prochaines années, le fait de personnes de plus de 65 ans. « Aujourd’hui, le budget de la filière grand âge est de 51 milliards d’euros par an, explique Christophe Amarantinis, président du Synerpa, le syndicat national des établissements et résidences privés des personnes âgées. À l’horizon 2030, ce sera 61 milliards d’euros ». Soit 10 milliards d’euros supplémentaires.
« Entre 10 et 15 entreprises extérieures interviennent dans nos résidences »
Le boom démographique, et notamment l’arrivée prochaine vers le grand âge des personnes issues du baby-boom des années 1960, va amener les acteurs économiques à « investir énormément ». « C’est déjà une filière très dynamique en termes de recherche d’investisseurs de capitaux », note le président du Synerpa. Les besoins financiers sont énormes : « il faudra investir 34 milliards d’ici 2030, rénover tous les établissements existants et en créer de nouveaux ».
Directeur régional Languedoc de la société Domitys, qui compte une douzaine d’établissements accueillant des personnes âgées autonomes sur la région (Aude, Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard), Christophe Danna estime « entre 10 % et 15 % la part des demandes d’hébergement satisfaites » auprès de la marque. « Si nous disposions de plus de résidences sur la région, elles seraient toutes remplies ». Et forcément, elles participeraient au dynamisme économique de nombreux artisans. « Dans chacune de nos résidences, il y a entre 10 et 15 entreprises de services extérieures qui interviennent au profit de nos résidents ».
« 60 % des investissements par le secteur privé »
La dynamique économique de l’hébergement est celle qui est aujourd’hui la plus prégnante. Alain Baranes, cofondateur de la société parisienne Mobicap, spécialisée dans les résidences pour Seniors, investit en Occitanie. D’ici la fin de l’année, il inaugurera une résidence de 36 logements à Béziers. « Nous sommes déjà à Toulouse, ce sera notre première opération sur le Languedoc Roussillon », explique-t-il. Affichant des ambitions, avec la volonté de « nous développer de Toulouse à Nîmes ». « C’est une région où il y a beaucoup de personnes âgées, qui sont notre cœur de cible ».
Des contacts ont actuellement lieu avec des promoteurs afin d’implanter une résidence à Montpellier. « Environ 60 % des investissements qui ont permis de créer de nouveaux services, notamment d’hébergements, l’ont été par le secteur privé commercial, qui a investi beaucoup d’argent », note le président du Synerpa. « L’État n’ayant plus les moyens, c’est le secteur privé qui portera dans les années à venir, la dynamique de la filière du grand âge », ajoute-t-il.
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